Mémoire de travail : définition, exemples et exercices pour l'enfant – Apprentissages & Co

Mémoire de travail : définition, exemples et exercices pour l’enfant

L’essentiel en 30 secondes

  • La mémoire de travail est la capacité à garder une information en tête pendant qu’on l’utilise : retenir une consigne en faisant l’exercice, calculer de tête, écrire une phrase dictée.
  • Elle est limitée (quelques éléments à la fois) et se développe pendant toute l’enfance.
  • Une mémoire de travail fragile donne un enfant qui « oublie tout », perd le fil des consignes et semble inattentif, alors qu’il a compris.
  • La priorité est de la soulager (supports visuels, consignes courtes) ; l’entraîner par le jeu vient en complément.

« Va chercher ton cahier de maths, ta trousse et ton agenda. » Il revient avec la trousse. Ce n’est ni de la mauvaise volonté ni de la distraction : c’est souvent la mémoire de travail qui sature. Comprendre comment elle fonctionne change radicalement la façon d’aider un enfant.

Sommaire

  1. Mémoire de travail : définition
  2. Exemples de la mémoire de travail au quotidien
  3. Les signes d’une mémoire de travail faible chez l’enfant
  4. Mémoire de travail, TDAH et DYS
  5. Comment soulager la mémoire de travail
  6. Exercices et jeux pour entraîner la mémoire de travail

Mémoire de travail : définition

La mémoire de travail est un système de mémoire à court terme qui permet de maintenir et manipuler des informations pendant quelques secondes, le temps de réaliser une tâche. Le modèle de référence, proposé par les psychologues Baddeley et Hitch, la décrit comme un espace de travail mental composé :

  • d’une boucle phonologique, qui retient les informations verbales (on se répète un numéro de téléphone) ;
  • d’un calepin visuo-spatial, qui retient les images et les positions ;
  • d’un administrateur central, qui dirige l’attention et coordonne le tout.

C’est l’une des trois grandes fonctions exécutives, avec l’inhibition et la flexibilité. Sa capacité est limitée : un adulte retient en moyenne quelques éléments à la fois, un enfant de 6 ans nettement moins.

Mémoire de travail et mémoire à court terme sont proches mais différentes : la mémoire à court terme stocke (retenir une liste), la mémoire de travail stocke et transforme (retenir une liste et la remettre dans l’ordre alphabétique).

Exemples de la mémoire de travail au quotidien

  • Lecture : retenir le début de la phrase pour en comprendre la fin.
  • Calcul mental : garder 27 en tête pendant qu’on ajoute 15.
  • Dictée : retenir la phrase dictée tout en pensant à l’orthographe.
  • Problèmes : garder les données en tête pendant qu’on cherche l’opération.
  • Vie quotidienne : suivre une consigne en plusieurs étapes, une recette, une règle de jeu.

🔬 Ce que dit la recherche

Les travaux en psychologie cognitive (notamment ceux de Susan Gathercole) montrent que les élèves ayant une faible mémoire de travail échouent souvent dans les tâches scolaires qui demandent de retenir et traiter en même temps, et sont fréquemment perçus à tort comme inattentifs ou peu motivés. Leur difficulté est réelle, mais invisible.

Les signes d’une mémoire de travail faible chez l’enfant

  • oublie une partie des consignes, surtout quand elles sont longues ;
  • perd le fil en cours de tâche et abandonne ;
  • recopie lentement, en regardant le tableau pour chaque mot ;
  • fait des erreurs en calcul mental alors qu’il connaît la méthode ;
  • lève la main puis a oublié ce qu’il voulait dire ;
  • réussit mieux quand on lui montre que quand on lui explique ;
  • semble « dans la lune » en classe.

Ces signes ne suffisent pas à conclure : seul un bilan neuropsychologique ou orthophonique mesure précisément la mémoire de travail. Mais ils doivent conduire à adapter la façon de transmettre les consignes.

Mémoire de travail, TDAH et DYS

Une mémoire de travail fragile est très fréquente chez les enfants avec un TDAH (voir notre article TDAH enfant : comment l’aider au quotidien), et souvent associée aux troubles DYS : la dyslexie (boucle phonologique), la dyscalculie (calcul mental) ou la dyspraxie (calepin visuo-spatial). Elle peut aussi exister seule, chez des enfants sans aucun trouble. Pour l’attention, voyez aussi nos 12 exercices de concentration par âge.

Comment soulager la mémoire de travail

C’est la stratégie la plus efficace et la plus immédiate : mettre l’information à l’extérieur de la tête.

  • Une consigne à la fois, courte, et demander à l’enfant de la reformuler.
  • Écrire ou dessiner les étapes : liste à cocher, routine visuelle, plan de travail.
  • Des aide-mémoire autorisés : table de multiplication, fiche des sons, fiche méthode.
  • Éviter la double tâche : pas de copie et d’écoute en même temps.
  • Des pauses courtes et régulières : la mémoire de travail fatigue vite.

Exercices et jeux pour entraîner la mémoire de travail

L’entraînement « pur » de la mémoire de travail par des logiciels a des effets limités sur les résultats scolaires : les progrès se transfèrent mal. En revanche, les jeux qui sollicitent la mémoire de travail dans un contexte motivant, et l’apprentissage de stratégies (répéter, regrouper, visualiser), sont utiles.

Jeux à faire en famille

  • « Dans ma valise, je mets… » : chacun répète la liste et ajoute un objet.
  • Le Kim visuel : on observe 6 objets, on en retire un en secret, l’enfant devine lequel.
  • Les chiffres à l’envers : vous dites 3 chiffres, l’enfant les répète à l’envers. On augmente progressivement.
  • Le chef d’orchestre : vous frappez un rythme, l’enfant le reproduit.
  • La recette : l’enfant lit une étape, la retient, la réalise, puis passe à la suivante.

Stratégies à enseigner

  • Se répéter l’information à voix basse (autorépétition) ;
  • Regrouper : 0-6-1-2-4-5 devient 06-12-45 ;
  • Faire une image mentale de la consigne ;
  • Associer l’information à quelque chose de connu.

🎲 Le jeu de l’orthopédagogue : le serveur du restaurant

L’enfant est serveur. Vous passez commande (« une pizza, un jus d’orange, une glace à la fraise ») et il doit apporter les bons objets ou dessins depuis la « cuisine », sans papier. On augmente d’un élément quand il réussit trois fois. Astuce à lui apprendre : se répéter la commande en marchant.

📥 Ressource gratuite : exercices fonctions exécutives à imprimer

Deux fiches « mémoire de travail » (retiens et retrouve, la liste à retenir), plus des fiches attention, planification, inhibition et flexibilité, avec grille de progrès.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la mémoire de travail en termes simples ?

C’est le « bloc-notes » du cerveau : il garde quelques informations quelques secondes, le temps de s’en servir. Par exemple, retenir une consigne pendant qu’on fait l’exercice.

Peut-on améliorer la mémoire de travail d’un enfant ?

Elle se développe naturellement avec l’âge. Les jeux et l’apprentissage de stratégies (se répéter, regrouper, visualiser) aident l’enfant à mieux l’utiliser. Le plus efficace reste d’adapter l’environnement pour la soulager.

La mémoire de travail fait-elle partie des fonctions exécutives ?

Oui. Elle est l’une des trois fonctions exécutives de base, avec l’inhibition et la flexibilité cognitive.

Comment savoir si mon enfant a une mémoire de travail faible ?

Des signes peuvent alerter (oublis de consignes, perte du fil, calcul mental difficile), mais seule une évaluation par un neuropsychologue ou un orthophoniste permet de mesurer la mémoire de travail.

Sources et pour aller plus loin

Rédigé par Anissa, orthopédagogue — fondatrice d’Apprentissages & Co. J’accompagne des enfants qui apprennent différemment, avec ou sans diagnostic, et leurs parents, en visio partout en France et à Villepinte (93). En savoir plus.

Mis à jour en novembre 2026. Cet article a une visée éducative : il ne remplace ni un diagnostic ni l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé.

À lire aussi