Exercices dyslexie : 8 activités ludiques à faire à la maison
L’essentiel en 30 secondes
- La dyslexie est un trouble spécifique et durable de l’apprentissage de la lecture ; la rééducation relève de l’orthophoniste.
- À la maison, des exercices courts, ludiques et réguliers (10 à 15 minutes) renforcent la conscience des sons, le décodage et la fluence.
- On travaille à l’oral d’abord, avec des supports visuels clairs, et on protège la motivation avant tout.
- Lire à l’enfant reste essentiel : il continue à enrichir son vocabulaire et sa compréhension sans l’effort du décodage.
Votre enfant dyslexique lit lentement, confond les sons, se fatigue vite et commence à dire qu’il « déteste lire » ? Les exercices dyslexie que nous proposons ici ne remplacent pas l’orthophoniste, mais ils prolongent son travail à la maison, sous forme de jeux. Objectif : que la lecture redevienne un moment possible, et même agréable.
Sommaire
- Avant de commencer : 4 règles d’or
- 8 exercices ludiques contre la dyslexie
- Comment organiser les séances à la maison
- Ce qu’il vaut mieux éviter
- Dyslexie : quand consulter ?
Avant de commencer : 4 règles d’or
- Court et fréquent : 10 minutes 4 fois par semaine valent mieux qu’une heure le samedi. Le cerveau consolide pendant les pauses et le sommeil.
- L’oral avant l’écrit : la dyslexie touche souvent le traitement des sons. On joue d’abord avec les sons entendus, puis on passe aux lettres.
- Une seule difficulté à la fois : un son, une confusion (b/d, f/v), un type de mot.
- Finir sur une réussite : on termine toujours par un exercice que l’enfant maîtrise.
🔬 Ce que dit la recherche
Selon l’Inserm, la dyslexie est le trouble spécifique des apprentissages le plus étudié. Chez la plupart des enfants dyslexiques, la difficulté porte sur le lien entre les lettres et les sons (la voie phonologique). C’est pourquoi les exercices de conscience phonologique et de décodage sont au cœur de la rééducation.
8 exercices ludiques contre la dyslexie
1. La chasse au son
Choisissez un son (par exemple [ch]). L’enfant cherche dans la maison des objets qui le contiennent : chaise, chaussette, cuillère (piège !). Il dit où il entend le son : au début, au milieu, à la fin. Compétence travaillée : conscience phonologique.
2. Le robot qui parle
Vous parlez comme un robot en découpant les syllabes (« pa-pi-llon ») et l’enfant devine le mot. Puis il fait le robot. Niveau 2 : découper en sons (« p-a-p-i… »). Compétence : segmentation.
3. Les rimes en ping-pong
Vous dites un mot, l’enfant répond par un mot qui rime, et ainsi de suite. Les mots inventés sont autorisés s’ils riment. Compétence : manipulation des sons.
4. Le b et le d qui se tournent le dos
Pour la confusion b/d, associez chaque lettre à un geste et une image stables : le « b » comme un ballon avec une batte qui monte ; le « d » comme un dauphin. L’enfant trace la lettre en grand dans l’air, puis sur une ardoise, en disant le mot-repère. Compétence : discrimination visuelle et association.
5. Les mots-éclairs
Écrivez 10 mots fréquents (« dans », « avec », « mais ») sur des cartes. Montrez-les une seconde : l’enfant les lit d’un coup d’œil. On en ajoute 2 nouveaux par semaine. Compétence : lecture globale des mots fréquents, fluence.
6. La lecture en écho
Vous lisez une phrase avec expression, l’enfant la relit juste après, en suivant avec son doigt. Puis vous alternez les phrases. Compétence : fluence et prosodie, sans mise en échec.
7. Le texte à trous illustré
Une phrase courte avec un mot manquant et trois propositions illustrées. L’enfant choisit le mot qui donne du sens. Compétence : compréhension et stratégie de vérification par le sens.
8. Le chrono du lecteur
Une fois par semaine, l’enfant relit le même court texte et on note le temps sur un graphique qu’il colorie. Il voit ses progrès : c’est le meilleur antidote au découragement.
🎲 Le jeu de l’orthopédagogue : le loto des sons
Fabriquez une grille de loto avec des images (chat, lune, robe…). Vous tirez une carte-son ([a], [u], [r]…) et l’enfant pose un jeton sur chaque image qui contient ce son. Le premier qui remplit une ligne gagne. Variante : l’enfant tire la carte et c’est vous qui jouez, il doit vérifier vos réponses.
Comment organiser les séances à la maison
- Toujours au même moment, par exemple après le goûter, jamais juste avant le coucher.
- Un rituel de début (sablier retourné) et de fin (une case coloriée dans un tableau de suivi). Notre tableau de motivation gratuit fonctionne très bien pour ça.
- Une police lisible, un interligne aéré, peu de texte par page.
- Des supports visuels stables : voir notre guide des sons complexes au CP et la méthode des cartes mentales.
- Un lien avec l’orthophoniste : demandez-lui quels exercices privilégier en ce moment.
Ce qu’il vaut mieux éviter
- faire lire à voix haute devant les frères et sœurs ou la famille ;
- multiplier les dictées « pour s’entraîner » : l’erreur répétée se mémorise ;
- comparer avec un autre enfant ;
- supprimer les histoires du soir lues par l’adulte « parce qu’il doit lire seul ».
Dyslexie : quand consulter ?
Si les difficultés de lecture persistent depuis plus de six mois malgré l’aide de l’école, parlez-en au médecin traitant : il pourra prescrire un bilan orthophonique. Si votre enfant a des difficultés multiples (lecture, attention, motricité), pensez au parcours global : pour les moins de 12 ans, le médecin peut orienter vers une PCO. À l’école, un PAP permet des aménagements (lecture des consignes à voix haute, supports adaptés, tolérance orthographique).
Si l’enfant a d’autres difficultés, lisez difficultés scolaires : par où commencer. Pour les difficultés de calcul, lisez aussi notre guide sur la dyscalculie, et pour l’écriture celui sur la dyspraxie.
Besoin d’un regard extérieur ?
Si les difficultés durent ou épuisent toute la famille, un accompagnement en orthopédagogie permet de comprendre ce qui bloque et de construire un plan d’action sur mesure. Séances en visio partout en France, ou sur rendez-vous à Villepinte.
Questions fréquentes
Quels exercices faire pour un enfant dyslexique à la maison ?
Des exercices courts et ludiques de conscience phonologique (chasse au son, rimes, découpage en syllabes), de lecture des mots fréquents et de lecture en écho. 10 minutes, plusieurs fois par semaine, en lien avec l’orthophoniste.
Les exercices peuvent-ils remplacer l’orthophoniste ?
Non. La rééducation de la dyslexie relève de l’orthophoniste. Les exercices à la maison prolongent son travail et entretiennent la motivation.
À partir de quel âge peut-on parler de dyslexie ?
Le diagnostic est généralement posé après environ 18 mois d’apprentissage de la lecture, donc vers le CE1. Des signes (difficultés avec les sons, les rimes) peuvent alerter dès la grande section.
Quelle police utiliser pour un enfant dyslexique ?
Une police sans empattement, assez grande (14 à 16), avec un interligne de 1,5 et des lignes courtes. Certaines polices dédiées existent ; l’essentiel est un texte aéré et peu dense.
Sources et pour aller plus loin
- Inserm — Troubles spécifiques des apprentissages
- Mon Parcours Handicap — Qu’est-ce que le PAP ?
- Handicap.gouv.fr — Les plateformes de coordination et d’orientation (PCO)
- Fédération française des Dys (FFDys)
Rédigé par Anissa, orthopédagogue — fondatrice d’Apprentissages & Co. J’accompagne des enfants qui apprennent différemment, avec ou sans diagnostic, et leurs parents, en visio partout en France et à Villepinte (93). En savoir plus.
Mis à jour en novembre 2026. Cet article a une visée éducative : il ne remplace ni un diagnostic ni l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé.
