Orthopédagogie : définition, pour quels enfants et comment ça se passe – Apprentissages & Co

Orthopédagogie : définition, pour quels enfants et comment ça se passe

L’essentiel en 30 secondes

  • L’orthopédagogie est une approche éducative spécialisée qui s’intéresse à comment l’enfant apprend, pour comprendre ce qui bloque et lui donner des stratégies adaptées.
  • Elle s’adresse aux enfants sans déficience intellectuelle qui rencontrent des difficultés d’apprentissage, avec ou sans trouble identifié (TDAH, DYS, autisme, haut potentiel…).
  • Ce n’est pas du soutien scolaire : on ne refait pas les exercices de l’école, on travaille les outils mentaux qui permettent d’apprendre (attention, mémoire de travail, organisation, méthodes).
  • L’orthopédagogue ne pose pas de diagnostic médical ; il travaille en complément du médecin, de l’orthophoniste ou du neuropsychologue.

Votre enfant travaille beaucoup mais retient peu ? Il connaît sa leçon le soir et l’a oubliée le lendemain ? Les devoirs tournent au bras de fer ? Quand l’effort ne suffit plus, ce n’est pas la volonté qui manque : ce sont souvent les bons outils. C’est exactement le terrain de l’orthopédagogie.

Sommaire

  1. L’orthopédagogie, c’est quoi ?
  2. Pour quels enfants ?
  3. Orthopédagogue, orthophoniste, neuropsychologue : qui fait quoi ?
  4. Comment se déroule un accompagnement ?
  5. Ce que l’orthopédagogie travaille concrètement
  6. Faut-il un diagnostic pour consulter ?
  7. Orthopédagogie en visio : est-ce efficace ?

L’orthopédagogie, c’est quoi ?

L’orthopédagogie (du grec orthos, « droit », et pédagogie) est une discipline de l’éducation spécialisée née au Québec et en Belgique, où elle est un métier reconnu. Elle s’appuie sur la psychologie cognitive et les neurosciences de l’apprentissage pour répondre à une question simple : qu’est-ce qui empêche cet enfant d’apprendre comme les autres, et comment l’aider à contourner l’obstacle ?

Là où l’école regarde surtout le résultat (la note, la dictée réussie ou non), l’orthopédagogue observe le chemin : comment l’enfant lit une consigne, par où il commence, ce qu’il fait quand il ne sait pas, ce qui se passe dans sa tête quand il « décroche ». C’est cette observation fine qui permet de proposer des stratégies vraiment adaptées.

🔬 Ce que dit la recherche

Selon l’Inserm, 15 à 20 % des enfants rencontrent des difficultés d’apprentissage à un moment de leur scolarité, alors que les troubles spécifiques des apprentissages (dyslexie, dyscalculie…) ne concernent que 5 à 7 % d’entre eux. Autrement dit : la majorité des enfants en difficulté n’ont pas de trouble, mais ont besoin qu’on les aide à apprendre autrement.

Pour quels enfants ?

L’orthopédagogie s’adresse aux enfants et adolescents sans déficience intellectuelle qui peinent à apprendre :

  • les enfants avec un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ;
  • les enfants avec un trouble DYS : dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie ;
  • les enfants avec un trouble du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle (voir notre guide de l’emploi du temps visuel) ;
  • les enfants à haut potentiel qui n’ont jamais appris à apprendre ;
  • et tous ceux qui, sans aucun diagnostic, ont des difficultés scolaires, manquent de méthode ou ont perdu confiance.

Orthopédagogue, orthophoniste, neuropsychologue : qui fait quoi ?

Les parents s’y perdent souvent. Voici un repère simple :

  • Le médecin (généraliste, pédiatre, médecin spécialisé) pose le diagnostic médical et coordonne le parcours.
  • L’orthophoniste évalue et rééduque le langage oral et écrit, la cognition mathématique (bilan sur prescription médicale, remboursé).
  • Le neuropsychologue évalue précisément le fonctionnement cognitif (attention, mémoire, fonctions exécutives) par des tests standardisés.
  • Le psychomotricien et l’ergothérapeute interviennent sur le corps, le geste, le graphisme, l’autonomie.
  • L’orthopédagogue intervient sur l’apprentissage lui-même : stratégies, méthodes, organisation, motivation, transfert en classe et à la maison. Il ne pose pas de diagnostic et ne remplace aucun de ces professionnels.

Dans un parcours idéal, ces métiers se complètent : l’orthopédagogue s’appuie sur les bilans existants et traduit leurs conclusions en outils concrets pour le quotidien.

Comment se déroule un accompagnement ?

  1. Un premier échange avec les parents : histoire de l’enfant, difficultés observées, bilans déjà réalisés, attentes.
  2. Une évaluation des besoins : observation de l’enfant en situation d’apprentissage (lecture, problème, organisation d’une tâche), questionnaires, analyse des cahiers.
  3. Des objectifs clairs et mesurables, définis ensemble : « démarrer ses devoirs seul en moins de 5 minutes », « relire sa dictée avec une méthode », etc.
  4. Des séances régulières où l’enfant découvre et s’entraîne à des stratégies, souvent par le jeu.
  5. Une guidance parentale pour que les outils vivent à la maison entre les séances. Voir notre espace parents.
  6. Un bilan à intervalles réguliers pour mesurer les progrès et ajuster.

🎲 Le jeu de l’orthopédagogue : le « détective de la consigne »

Avant chaque exercice, l’enfant devient détective : il entoure en bleu ce qu’on lui demande de faire (le verbe) et en orange sur quoi (les données). Puis il reformule à voix haute : « Je dois… avec… ». Ce petit rituel de 30 secondes réduit fortement les erreurs dues à une lecture trop rapide, fréquentes chez les enfants impulsifs ou TDAH.

Ce que l’orthopédagogie travaille concrètement

  • Les fonctions exécutives : attention, mémoire de travail, planification, flexibilité, inhibition.
  • Les méthodes de travail : apprendre une leçon, réviser, comprendre une consigne, organiser son cartable.
  • Les apprentissages fondamentaux : lecture, écriture, numération, résolution de problèmes, avec des stratégies compensatoires.
  • La régulation émotionnelle : frustration, anxiété de performance (voir notre thermomètre des émotions), crises de colère.
  • La confiance en soi : retrouver le sentiment d’être capable, condition de tout apprentissage.

Faut-il un diagnostic pour consulter ?

Non. Beaucoup d’enfants que nous accompagnons n’ont aucun diagnostic. On part toujours du fonctionnement de l’enfant, pas d’une étiquette. En revanche, si l’orthopédagogue repère des signes évocateurs d’un trouble du neurodéveloppement, il oriente la famille vers le médecin. Pour les enfants de moins de 12 ans, le médecin peut adresser l’enfant à une plateforme de coordination et d’orientation (PCO), qui organise les bilans sans attendre un diagnostic définitif.

Orthopédagogie en visio : est-ce efficace ?

Oui, à condition que la séance soit pensée pour l’écran : supports visuels partagés, activités courtes et interactives, présence d’un parent au début pour l’installation. La visio a deux avantages concrets : l’enfant travaille dans son environnement réel (on peut observer et ajuster le coin devoirs), et la famille n’a plus de temps de trajet. Elle est moins adaptée aux très jeunes enfants (moins de 6 ans) et aux enfants qui ont besoin de beaucoup de manipulation.

Besoin d’un regard extérieur ?

Si les difficultés durent ou épuisent toute la famille, un accompagnement en orthopédagogie permet de comprendre ce qui bloque et de construire un plan d’action sur mesure. Séances en visio partout en France, ou sur rendez-vous à Villepinte.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre orthopédagogie et soutien scolaire ?

Le soutien scolaire reprend le contenu des cours (refaire les exercices de maths, revoir la leçon). L’orthopédagogie travaille les outils qui permettent d’apprendre : attention, mémoire de travail, méthode, organisation, gestion des émotions. L’objectif est que l’enfant devienne autonome, pas qu’il ait besoin d’aide indéfiniment.

L’orthopédagogie est-elle remboursée ?

En France, l’orthopédagogie n’est pas une profession de santé : les séances ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie. Certaines mutuelles prévoient un forfait, et l’AEEH versée par la MDPH peut, selon la situation, aider à financer un accompagnement.

À partir de quel âge consulter un orthopédagogue ?

Dès l’entrée dans les apprentissages (vers 5-6 ans) et jusqu’à l’âge adulte. Plus l’accompagnement commence tôt, moins l’enfant accumule d’échecs et de perte de confiance.

L’orthopédagogue peut-il diagnostiquer un TDAH ou une dyslexie ?

Non. Le diagnostic d’un trouble du neurodéveloppement relève du médecin, appuyé par des bilans (orthophonique, neuropsychologique…). L’orthopédagogue peut repérer des signes et orienter, puis accompagner l’enfant au quotidien.

Sources et pour aller plus loin

Rédigé par Anissa, orthopédagogue — fondatrice d’Apprentissages & Co. J’accompagne des enfants qui apprennent différemment, avec ou sans diagnostic, et leurs parents, en visio partout en France et à Villepinte (93). En savoir plus.

Mis à jour en novembre 2026. Cet article a une visée éducative : il ne remplace ni un diagnostic ni l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé.

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